Micro aventure, la tendance post-covid

Main tenant une boussole illustration Micro aventure

Le concept de la micro aventure émerge depuis cinq ou six ans, et le contexte post covid en fait le must 2020.

Des vacances dépaysantes et safe? Rien de mieux pour répondre au nouveau crédo touristique. Cela fait un moment que cette tendance bénéficie de l’attention des spécialistes. Evolution positive de notre rapport au voyage, ou évasion à la petite semelle? J’ai envie de me pencher sur la question.

Mais d’abord, la micro aventure, qu’est-ce que c’est?

La micro aventure est le nouveau terme tendance pour désigner une expérience dépaysante vécue près de chez soi, en extérieur. Un bivouac au fond du jardin, une randonnée au départ de son portail, une échappée à vélo … L’essentiel étant d’être de courte durée (un à trois jours), facile à organiser, locale et peu coûteuse.

Evidemment, la micro aventure existe depuis toujours, et beaucoup la pratiquent sans le savoir. Il suffit d’être un peu fauché (ou pas) et d’avoir l’esprit créatif et curieux. D’être adepte du « On fait avec ce qu’on a ». Et zou, une excursion dans le quartier te prend des airs d’exploration Indiana-Jones-esque. Parce que le voyage est avant tout un état d’esprit, et l’aventure une façon de percevoir le monde. 

Mais un petit futé du nom d’ Alastair Humphreys (élu aventurier de l’année par le National Geographic en 2012) en a fait un concept. L’idée est simple: après avoir bourlingué aux quatre coins du globe, il a eu envie de se poser un an chez lui, en Angleterre. Son ADN de baroudeur ne lui permettant pas de se contenter de jouer au bridge en mangeant des scones pendant son tee-time ad vitam aeternam, il a décidé d’arpenter le Royaume à sa manière. Sa motivation déclarée étant de prouver que l’aventure est accessible à tous, il a partagé ses douze micro aventures en vidéos sur Twitter, qui ont fait un carton. Le concept de micro aventure était né.

Vélo dans l'herbe micro aventure

 

Pourquoi la micro aventure plait-elle autant?

La micro aventure répond à plusieurs aspirations actuelles.

  • La première étant de permettre des vacances à portée de reconfinement potentiel. Les frontières hors Shenguen fermées, ainsi que la peur d’être contaminé par le coronavirus et de la galère d’une quarantaine ou d’un rapatriement jouent à plein. Mais l’actualité sanitaire n’est pas le seul argument.
  •  Plus largement, la micro aventure répond aux préoccupations environnementales de plus en plus présentes dans nos mentalités. A l’heure du flygskam (en suédois: honte de prendre l’avion), de la prise de conscience des dégâts du tourisme de masse, du réchauffement climatique, la proximité retrouve son charme. Et prend du sens car les déplacements sont limités, ce qui contribue à moins polluer.
  • De plus, face à leur quotidien bétonné, nombre de citadins éprouvent le besoin de casser la routine et de se reconnecter à la nature, sans pour autant disposer de beaucoup de temps. Une micro aventure leur permet des respirations brèves, mais régénérantes, adaptées à leurs plannings surchargés.
  • La micro aventure peut se pratiquer toute l’année, sans organisation lourde. Même en hiver, il est possible de bivouaquer ou de faire une randonnée. Il suffit juste d’être équipé, et motivé.

Aviron illustration micro aventure

Mon opinion sur la micro aventure

J’avoue avoir un avis mitigé sur la micro aventure.

Les bonnes vieilles activités de plein air, que tout le monde pratique et improvise sans en faire tout un cirque, deviennent un « concept » exploité par le marketing. Depuis que la mode a émergé, des agence se sont spécialisées dans cette niche, et monnayent des activités que n’importe qui peut organiser. Un pique nique en forêt, une nuit à la belle étoile…Totalement ridicule de faire payer ces soit disant prestations.

Le risque de voir la micro aventure se transformer en une nouvelle forme de tourisme de masse me dérange également. Car l’instagrammabilité de la nature ne lui rend pas service. Un beau spot, quelques partages, et des milliers de personnes s’en entichent, veulent un selfie, s’y précipitent. Au risque de le dénaturer, le piétiner, le dégrader.

Je suis la première convaincue que le voyage est un état d’esprit. Mais la micro aventure en tant que produit commercial  me gène. Me laisse comme l’impression d’une duperie. Se faire croire qu’on est un Mike Horn parce qu’on paie 1000€ deux nuits dans un igloo dans le Jura, et retourner le lundi derrière son clavier de cadre sup qui enchaîne les heures sup, ce n’est pas de l’aventure. C’est juste un petit délire pour rengorger l’ego. C’est juste recharger ses batteries, pour mieux retourner se faire pomper sa vitalité.

Cependant, la micro aventure à l’avantage de concilier limitation géographique, besoin d’évasion, emploi du temps serré, budget restreint, et considérations environnementales. Et même si ce n’est que le temps d’une soirée, sortir à deux pas de chez soi avec sa curiosité en bandoulière ne peut être que bénéfique pour ouvrir l’esprit.

Camping sur herbe

Quelques idées de micro aventure (gratuites)

En ville

  • Organiser une traque aux graffitis: prenez un appareil photo, ou votre smartphone, et arpentez les rues en quêtes de graffitis.
  • Débusquer les plus belles cours intérieures.
  • Tenter l’urbex, avis aux vidéastes et photographes amateurs ou confirmés.
  • Passer une journée en mode urbansketcher, carnet de croquis et pinceaux dans le sac à dos.

A la campagne

  • Camper dans votre jardin.
  • Pique niquer et dormir à la belle étoile.
  • Partir en randonnée ou en vélo, et revenir en train.
  • Faire une randonnée dont le tracé forme un cœur, ou ce que vous voulez (avec l’aide de votre GPS).
  • Admirer les étoiles pendant un astro-bivouac, en vous procurant un télescope.

Pique nique urbain illustration micro aventure

J’espère que cet article vous aura éclairé sur la micro aventure.

N’hésitez pas à consulter mes posts voyage Tourisme de masse, fléau des destinations grand public et Arrêter de voyager?

 

Et vous, êtes-vous adeptes de la micro aventure? Partagez votre expérience en commentaire.